Risque Pays 02/10 |
Séisme à Haïti début 2010… Au-delà du désastre humanitaire, l’actualité nous rappelle cruellement à chaque instant qu’à partir du moment où une entreprise envisage de déployer son activité à l’extérieur de ses frontières, elle se trouve par nature et potentiellement exposée à de multiples risques spécifiques au pays d’installation. Une vigilance accrue, une parfaite connaissance et une compréhension précise de l’environnement et de ses fragilités s’imposent avant toute démarche d’implantation internationale. Retour sur quelques fondamentaux Risque Pays. Le risque Pays, encore appelé risque géopolitique, peut être défini comme l’ensemble des risques spécifiquement associés à une région particulière du Monde où l’entreprise envisage de mettre en œuvre une activité, quelle qu’elle soit.
Premier élément de réflexion, rappelons tous d’abord un principe essentiel : aborder l’enjeu du risque Pays ne doit pas être limité au projet d’implantation d’une filiale, d’une succursale ou d’un partenariat commercial à l’étranger.
En effet, à partir du moment où l’entreprise souhaite réaliser un processus opérationnel à l’international, elle doit automatiquement et immédiatement se préoccuper du contexte géopolitique du pays concerné, et ce quel que soit le processus à mettre en œuvre : prospection, nouveaux clients, réalisation de prestations, de produits ou de services, externalisation d’activités, fournisseurs, distributeurs, sous-traitants, cotraitants…
L’analyse du risque Pays est à réaliser dès l’idée de mise en œuvre d’une action à l’extérieur des frontières initiales de l’entreprise, et ce quelle que soit l’action envisagée. Trop souvent, les entreprises s’intéressent aux enjeux du risque Pays… alors que les investissements temps/ressources sont déjà effectués, et que les premiers risques se matérialisent…Certains coûts du risque Pays sont aisément identifiables… et faciles à maîtriser de manière préventive.
Second point de réflexion, l’analyse d’un risque Pays doit être effectuée méthodiquement, selon le principe du double entonnoir : d’une part, la mise en place d’une démarche macro-économique vers le micro-économique (du général au particulier) ; d’autre part, la mise en œuvre d’approches dédiées et séquencées de type « sécurité des personnes », « sécurité des biens », puis « sécurité des activités et des processus ».
Cette double démarche permet de ne rien oublier dans l’appréhension du risque Pays dans sa globalité, et couvrir ainsi le spectre extrêmement vaste des enjeux « risques » associés à tout projet d’internationalisation de l’activité, quelle qu’elle soit. A ce titre, l’élaboration de check-lists robustes et approfondies, la priorisation des enjeux à traiter selon une critérisation factuelle et la mise en œuvre d’une démarche de type « projet» s’avèrent judicieuse.
Dernier point de réflexion, toute analyse de risque Pays doit s’appuyer sur deux vecteurs essentiels : les données et informations existantes, disponibles et actualisées ; mais aussi l’expérience individuelle. Réactualisez en permanence les données disponibles sur les zones d’intervention envisagées (à l’appui des multiples sources existantes en France), capitalisez l’expérience des salariés, des fournisseurs, des clients, des confrères (qui connaissent peut-être certaines spécificités locales à ne pas négliger), observez les comportements des concurrents, et divisez vos risques en maîtrisant le périmètre potentiellement exposé.
De trop nombreuses entreprises détruisent de la richesse à cause d’initiatives internationales mal maîtrisées (impacts économiques, financiers, stratégiques, d’image…)
Ouvrir la porte de l’International ne s’improvise pas. Et le risque sismique ne constitue qu’un seul des risques à identifier parmi des milliers… dont les conséquences sont malheureusement dramatiques… Restons vigilants.
Pour faire un don aux sinistrés d’Haïti :
Pour aller plus loin sur le Risque Pays :
www.diplomatie.gouv.fr
www.altares.fr
www.insee.fr |

