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L'étau des taux 05/10

 

Parmi les risques financiers majeurs auxquels l’entreprise peut être exposée, le risque de taux de change constitue un enjeu non négligeable. Les récentes évolutions de l’euro sont à nouveau placées sous les feux de l’actualité. Pourquoi et comment les cours des devises évoluent –ils ? Quels en sont les impacts pour les entreprises ? Comment se couvrir –ou profiter des évolutions des devises ? Bref, c’est quoi, le risque de taux de change ? Eclairage.
 
La notion de risque de taux de change est, en fait, assez simple. A partir du moment où une entreprise réalise une activité en dehors de sa devise de comptabilisation usuelle, elle s’expose au risque de taux de change. Un achat, une vente, un flux de trésorerie libellé dans une devise autre que celle de sa tenue de comptes engendrent un risque de décalage entre la valeur monétaire du flux considéré et sa conversion en devise de comptabilisation lors du débouclage de l’opération, entrainant une perte (ou un gain) latent de change. Et ces écarts de taux peuvent représenter des impacts financiers non négligeables, qui se chiffrent par exemple, pour une société comme Airbus, à des dizaines de millions d’euros pour chaque variation de 10 centimes entre le dollar et l’euro…
 
La devise européenne a atteint lundi 17 Mai 2010 un plus bas historique depuis quatre ans, à 1,2234 $. La baisse de la monnaie unique rend les exportations européennes plus compétitives sur le marché mondial, car elle entraîne une baisse des prix des produits sur les marchés étrangers, les rendant plus compétitifs par rapport aux produits concurrents adossés au dollar. De fait, toutes les entreprises qui achètent en euro et vendent en dollar profitent de la baisse de la devise européenne. Par exemple, l’industrie du luxe « made in euro ».
 
Par contre, la hausse du dollar risque d’impacter lourdement les secteurs dépendant de produits importés en provenance de la zone dollar : le pétrole, les matières premières… Il existe enfin un risque macro-économique majeur lié à la variabilité des devises : une hausse de l’inflation importée, mais ce risque peut être a priori considéré comme faible à l’heure actuelle.
 
Qui joue contre ou pour l’euro ? Les spéculateurs, les « market makers », qui réalisent ainsi des plus values courtes sur des opérations d’achat/revente de devises ou de contrats à terme, en pariant sur la fragilisation des économies européennes et de leurs monnaies –ou à contre-cycle des anticipations des acteurs financiers… Et ainsi, créer de la valeur virtuelle… et des gains financiers bien réels ! Avec les dommages éventuels que l’on sait à l’autre bout de la chaîne…
 
L’exemple de la dette grecque et de la volatilité de sa prime de risque - donc son coût- et son impact sur le cours de l’euro et des principaux indices boursiers mondiaux a rappelé à chacun que la mécanique financière internationale contribue lourdement à la croissance – ou à la récession – des économies nationales, des conjonctures… donc directement de la valeur des devises, au-delà des enjeux de gouvernance économique ou politique.
 
Afin de couvrir le risque de taux de change et ses impacts financiers potentiels, plusieurs solutions s’offrent aux entreprises : mise en place de contrats de swap de taux de change, achat/vente à terme de devises, mise en place de structures juridiques et comptables portées en devises locales, etc.
 
Quoi qu’il en soit, une seule priorité : gérer effectivement le risque de taux de change (à l’appui de l’expertise de spécialistes bancaires, compte tenu de la complexité des produits et des marchés des devises), et intégrer dans sa chaîne de valeur le coût économique de ce risque financier.
 
Pour une entreprise durable, investissez dans votre pérennité.
 
 
Jean-David DARSA